En ce samedi 14 avril, nous n'avons pas rendez-vous sur la place Rouge, à Moscou, et notre guide ne s'appelle pas Nathalie (cliquez ici pour en savoir plus) ! La raison en est fort simple : nous avons rendez-vous sur la place du Château, à Rochechouart, et notre guide se nomme Natacha !  

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Tandis que, devant le château, nous approuvons pleinement la sagesse du proverbe qui dit "En avril, ne te découvre pas d'un fil", Natacha nous dévoile les pages d'une époque médiévale au cours de laquelle la puissante famille des vicomtes de Rochechouart étend son domaine (notamment jusqu'à Paris, où se trouve la cour royale).

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Avant que nous ne franchissions le pont-levis, la rayonnante Natacha nous explique pourquoi le donjon du château a si piteuse allure... Vers 1470, Anne de Rochechouart et Jean de Pontville (son époux) casse leur tirelire (ceci est une image, bien entendu) pour faire réaliser de gros travaux d'aménagement et de décoration...

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En effet, les temps changent et le moyen-âge cède la place à la Renaissance. Les nobles veulent désormais que leurs châteaux soient jolis et confortables. Ils font donc percer les murailles d'élégantes fenêtres et de splendides portes, richement décorées de sculptures.

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Le château de Rochechouart se pare alors d'éléments d'architecture de style "gothique flamboyant". Mais, arrive ensuite le règne du vicomte François de Rochechouart (qui est le fils d'Anne et de Jean de Pontville) et ce bon fils veut terminer les travaux entrepris par ses parents... Hélas, il n'a pas de tirelire ! Il rédige alors un faux document pour spolier un riche quidam... qu'il tue.

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La justice royal évente ses méfaits et fait stopper les travaux en 1513. Le vicomte François est condamné à "décapiter" le donjon défensif de son château s'il ne veut pas être lui-même décapité. Voulant rester vivant, François choisit de raccourcir son donjon, ce qui lui donne le vilain aspect qu'il a encore aujourd'hui (le donjon).

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Nous entrons dans la cour du château et découvrons la galerie à colonnes torses, réalisée au 15ème siècle, quand le château se transformait en fastueuse demeure Renaissance. Natacha attire notre attention sur les portes qui ponctuent la galerie : au gré des siècles, elles ont desservies des pièces d'un usage parfois variable...

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Elles mènent à l'escalier d'honneur, à la vaste cave du château, au vieux donjon-prison du 13ème siècle, à l'entrée des cachots, aux appartements seigneuriaux (puis, par la suite, aux appartements du sous-préfet), au tribunal, à une prison ou à un dispensaire... Aujourd'hui, seule celle du Musée d'Art Contemporain est ouverte au public.

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Nous quittons ensuite le château et allons jusqu'à la maison du consul de Rochechouart, passons par la rue du Temple (protestant donc) et arrivons à l'église (catholique) de Saint-Sauveur. Consacrée en 1060, cette église se dote, en 1767, d'une assez rare flèche hélicoïdale sur son clocher. En 1969, le peintre Nicolaï Greschny décore le choeur de fresques contemporaines.

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Le midi, notre groupe se sépare en 2 : les sages préfèrent se réchauffer dans un restaurant de Rochechouart quand les apprentis-aristocrates préfèrent se pavaner sur les chaises et les tables mises à leur disposition dans la galerie du château. Nous nous retrouvons ensuite pour partir ensemble, à 16 km de là, vers de  nouvelles aventures...

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A Les Salles-Lavauguyon, devant Saint-Eutrope, Natacha, (notre infatigable guide) nous apprend que cette église a été fondée au 11ème siècle par la famille de Rochechouart. Un prieuré s'y installe ensuite (au 12ème siècle) et les moines décorent alors l'intérieur de l'église de chatoyantes fresques médiévales.

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Elles racontent (en images) les différents épisodes de la Bible et, ainsi, permettent aux paysans qui ne savent alors pas lire d'être instruits de tout ce qui concerne la création du monde, Adam et Eve, la vie et le marthyr des saintes et des saints, ainsi que de la notion de péché.

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Ces fresques extraordinaires n'ont été découvertes (au sens propre du mot) qu'en 1986, à l'occasion de la réfection de l'enduit de chaux qui les recouvrait (et qui les a protégées de l'humidité qui, bien souvent, sévit dans les églises). Après la visite de l'église de Saint-Eutrope, nous avons eu du mal à quitter l'aimable Natacha et notre groupe à se séparer.

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Une grande partie d'entre nous, sans vraiment se concerter, s'est alors retrouvé en un lieu (indiqué dans un guide de l'Office de Tourisme) où nous avons pu admirer des platanes de 250 ans d'âge et des ifs de plus de 500 ! Apparemment, les 20 digitaliens présents ont bien apprécié cette (longue) journée.

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 Gilles (photos : Hennie et Gilles)