Certains Digitaliens, grands amateurs de buis, se désespèrent de voir les leurs péricliter sous les attaques de ce qu'ils pensent être LE SEUL coupable ! Qu'ils me permettent donc d'essayer de leur remonter le moral en leur faisant part d'un peu du savoir distillé par un grand spécialiste de cette plante, à savoir le belge Karel Goossen... un pépinièriste professionnel qui ne produit QUE des buis !

buis en fleur

Selon Karel Goossen, la résistance du buis s'affaiblit après qu'il ait été taillé : mis en état de stress, il devient alors plus sensible aux attaques des champignons parasites comme Calonectria pseudonaviculata et Volutella buxi (malgré sa ressemblance patronymique, le 2nd n'a rien à voir avec la célèbre pâte à tartiner). Mais alors... ne serait-il pas plus sage de ne pratiquer qu'une seule taille par an ? 

buis hirsute

C'est ce que pense Karel Goossen qui conseille en outre de pratiquer cette coupe unique en hiver, une période où les températures sont basses, ce qui évite les attaques des champignons et la brûlure du soleil sur les feuilles meurtries par le taille-haie. Les adeptes des produits chimiques devront quant à eux garder en mémoire que le Volutella buxi résiste désormais à tous les fongicides actuellement disponibles.

buis et pyrale

Les amateurs de minis-bordures vont bondir mais ils doivent savoir que le producteur professionnel de "Buxus sempervirens" qu'est Karel Goossen conseille de laisser pousser SANS LES TAILLER PENDANT 12 à 15 ANS les jeunes plantes, afin de leur permettre de développer des branches robustes. Ce n'est donc qu'après ce long délai que l'on pourra tailler... 1 fois par an, en hiver !

tronc de buis

Les buis, se souvenant sans doute qu'ils ont été amenés en Gaule par les Romains, préfèrent être installés dans des endroits ensoleillés... en fait, ils ne s'en souviennent pas mais, au soleil, ils sèchent plus rapidement, après la pluie, et sont donc moins souvent attaqués par les champignons parasites. Par ailleurs, le buis n'aime pas les sols acides (le pH idéal pour lui se situe entre 6,6 et 7,7). 

buis orange

Parlons un peu maintenant de Cydalima perspectalis, alias "la Pyrale" ! Cette petite chenille verte, certains Digitaliens la connaissent bien puisque, chaque année, dés qu'arrive le printemps, elle dévore leurs buis (apparemment, elle aurait une petite préférence pour ceux qui sont trop souvent taillés et ceux qui sont déjà la proie des champignons parasites).

chrysalide de Cydalima

Il existe désormais des produits biologiques qui permettent de tuer les pyrales sans faire subir trop de "dégâts collatéraux" à la nature. Il existe également (depuis très très longtemps) des animaux appelés araignées et oiseaux, lesquels adorent manger ces chenilles. Hélas, eux aussi meurent lorsque nous pulvérisons des molécules qui, habituellement, ne se trouvent pas dans leur environnement. 

chenille de Cydalima

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler qu'à l'état "sauvage", livrés à eux-même donc, les buis deviennent des arbres et forment alors des bois verdoyants. Sont-ils, eux aussi, la proie des Calonectria pseudonaviculata, des Volutella buxi et des Cydalima perspectalis ? La mission des Digitaliens, si vous l'acceptez (petit clin d'oeil à "Mission Impossible"), sera de le vérifier !

papillon Cydalima perspectalis

 Gilles, président de La Digitale