A l'heure où blanchit la campagne, une heureuse troupe de Digitaliens est prête à mettre ses habits de lumière pour découvrir certains trésors de Moulins. Dès 10h, les artistes en herbes ont le plaisir de se retrouver au CNCS, non sans avoir croisés le pelage bariolé de vaches fantastiques qui gardent sereinement le pont sur l'Allier.

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Le spectacle commence dès la cour d'honneur face à cette ancienne caserne du XVIIe siècle sauvée de la ruine dans les années 1990. Désormais, l'austère bâtisse cache une des plus importantes collections de costumes de scènes qu'elle restaure et met en scène au fils de 2 expositions temporaires par an.

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Ce matin, le programme annonce un atelier claquette. Mais vite pas le temps de s'échauffer car notre guide s'impatiente déjà. Un rapide pipi sous les dorures baroques du café redécoré par Christian Lacroix et Broadway nous ouvre ses bras.

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Sous la baguette de notre chef d'orchestre, très énergique « OK !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! », les costumes et les tableaux musicaux défilent. Le théâtre du Châtelet a, en effet, confié ses collections au centre afin de nous conduire à travers les comédies musicales mythiques comme Cats ou notre Dame de Paris.

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Dans un décor de coulisses volontairement dépouillé, les riches robes de scènes chargées de paillettes, de tissus chamarrés se dévoilent pour mieux nous séduire. La fin de la visite se termine par la découverte du rideau de scène et ses lumières ainsi que les fauteuils du théâtre pour une pause bien méritée !

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En effet, le Digitalien a quitté la bêche pour esquisser quelques pas de danse entre l'inspirante fièvre du samedi soir ou les romantiques Parapluies de Cherbourg. Certains se distinguent par leur aptitude à la danse et à la comédie. Des années d’entraînement pour se laisser emporter par des tenues de pluie et un mythique lampadaire qui laissera les lecteurs de cet article sans voix.

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Pour la pause déjeuner quelques courageux ont décidé de pique-niquer à l'extérieur alors que le gros de la troupe est pompeusement installé sous les ors du café pour déguster un pâté aux pommes de terres.

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Pour les plus invétérés, il ne reste alors plus qu'a se laisser tenter par quelques entrechats à travers l'exposition temporaire sur Noureev. Cette dernière présente le parcours exceptionnel du danseur classique ainsi qu'une mise en scène de son goût pour les costumes, la décoration ou le décors de théâtre : ambiance slave garantie. 

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L'après-midi se révèle sous le signe de la curiosité. Les artistes se présentent devant l'élégant hôtel renaissance Anne de Beaujeu à proximité de la cathédrale, dans le centre historique. On aperçoit une étrange maison, but de notre découverte. Ce curieux voyage dans le temps démarre avec le visionnage d'un film sur l'épopée de cette maison qui a bravé le temps.

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L'ouverture de la maison Mantin est exceptionnelle par son histoire et sa restauration. Cette folie est née du destin singulier d'un riche bourgeois, Louis Mantin, qui a souhaité à sa mort léguer la maison à sa ville de cœur. Le dessein de son don vise à laisser une trace de ses collections mais surtout de la vie bourgeoise au XIXe siècle. Après sa mort au début du XXe siecle, la maison est ouverte un temps au public avant de sombrer dans l'oubli et le délabrement.

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Les Digitaliens ont donc découvert un travail précieux de restauration allant dans les moindres détails comme le choix de l'éclairage, très proche de celui d'origine. L'architecture est curieuse et fourmillent de magie avec certains détails ou meubles insolites comme l'écrasant miroir sur le thème de la chasse. L'immersion dans le goût d'un collectionneur du XIXe est totale.

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La bâtisse ressemble à un coffre au trésor hétéroclite au goût marqué par le gothique renaissance et les objets du XVIIIe siècle. Beaucoup de pièces sont remarquables, comme la chambre de Madame, compagne sécrète de Louis, dont la chambre se distingue par un plafond très délicat et un tissu d'ameublement en soie rose vif.

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La salle de bain souligne la modernité du lieu et nous plonge souvent dans l’intimité du couple loin de pièce de réception. On entre dans un imaginaire hugolien comme à Guernesey avec les cuirs de Cordoue qui ornent la chambre à coucher principale ou le cabinet de curiosité qui est installé au dernier étage. Les Digitaliens ont pu étancher leur soif de curiosité et se frotter à tous les arts.

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Pour finir, afin de revenir la tête pleine de souvenirs, la flânerie s'est engagé dans le musée Anne de Beaujeu avec une collection de peinture du XIXe siècle ou religieuse du Moyen-Age. Comme le Digitalien est incorrigible, la balade s'est poursuivie dans le centre ancien sur les traces de la belle Mademoiselle.

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Dernier point de chute, le café 1900 de la place principale où chacun a pu rêver un instant de croiser celle que l'on appelera ici Coco. A cette époque, le café est un beuglant d’officiers ou la belle Gabrielle Chanel est encore une simple anonyme loin de la future muse de la mode ! Gageons que Moulins ne nous a pas livré tous ces secrets ! Il sera toujours temps de se reperdre une nouvelle fois dans son livre d'histoire !

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Romain (photos Marie-Claire et Gilles)


Du fait qu'il est interdit de prendre des photos de l'intérieur de la Maison Mantin, nous ne pouvons en montrer à ceux qui n'ont pu venir à cette visite. Ces derniers peuvent néanmoins cliquer ici pour avoir accès à celles qui figurent sur le site Wikipédia. Nous vous rappelons cependant que les images que vous allez ainsi découvrir sont rigoureusement interdites de reproduction car elles appartiennent à un photographe professionnel.